Colonne vertébrale

De Anatomia
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Colonne vertébrale

Description de l'image ColumnaVertebralis.png.
Données
Latin columna vertebralis
TA98 A02.2.00.001

La colonne vertébrale (ou rachis) est la partie principale du squelette du tronc qui est complété par les annexes de la colonne vertébrale constituant le thorax (côtes et sternum). L'ensemble des vertèbres forme la colonne vertébrale.

Segmentation[modifier]

La colonne vertébrale peut se découper en cinq parties, de haut en bas : les vertèbres cervicales, thoraciques, lombales (ou lombaires), sacrales (ou sacrées) et coccygiennes. Les trois premières sont formés d'os indépendants s'articulant entre eux, les deux dernières sont en composées de vertèbres soudées de manière à ne former plus qu'un seul os.

L'ensemble de la colonne vertébrale se compose de 32 à 35 vertèbres, dont 24 indépendantes et de 8 à 11 qui se soudent pour former le sacrum et le coccyx. On compte ainsi 7 vertèbres cervicales, 12 vertèbres dorsales, 5 vertèbres lombales, 5 vertèbres sacrales et de 4 à 5 (plus rarement, de 3 à 6) vertèbres coccygiennes.

Généralités[modifier]

Schéma type d'une vertèbre thoracique

Une vertèbre schématique typique se compose d'un corps, d'un arc et de sept processus.

Corps[modifier]

Le corps se compose de substance spongieuse revêtue d'une mince couche de tissu compact. On lui distingue une face supérieure et une face inférieure, toutes deux planes ou légèrement concaves, une face antérieure fortement convexe horizontalement et légèrement concave verticalement et une face postérieure concave dans tous les sens. La face postérieure présente habituellement un ou plusieurs foramens nourriciers. Elle contribue à former, avec l'arc vertébral, le cercle osseux qui limite le foramen vertébral.

Arc vertébral[modifier]

L'arc vertébral se compose de plus de substance compacte que le corps et forme un demi ou trois quarts de cercle. La portion contigüe au corps vertébral s'appelle le pédicule, il présente une incisure au niveau de son bord supérieur et une autre au niveau de son bord inférieur. Les incisures des vertèbres voisines se correspondent (l'incisure inférieure de la vertèbre sus-jacente est poursuivie par l'incisure supérieure de la vertèbre sous-jacente), de façon à former un foramen intervertébral communiquant avec le canal vertébral. L'incisure supérieure est toujours moins profonde que l'incisure inférieure.

Processus[modifier]

Les processus des vertèbres se divisent en :

  • 4 processus articulaires, deux supérieurs et deux inférieurs, présentant des facettes articulaires destinées à l'articulation des vertèbres contigües ;
  • 1 processus épineux, médian, postérieur et impair ;
  • 2 processus transverses latéraux et pairs, qui sont essentiellement des champs d'insertions musculaire.

Vertèbres cervicales[modifier]

La colonne vertébrale comprend sept vertèbres cervicales habituellement numérotées de C1 à C7. Parmi ces vertèbres, deux se distinguent particulièrement des autres. Il s'agit de la vertèbre C1, nommée atlas, et de la vertèbre C2, nommée axis. Elles présentent des différences significatives avec la vertèbre type précédemment décrite. On les surnomme parfois vertèbres pivotantes par opposition aux autres vertèbres, surnommées vertèbres fléchissantes.

Généralités[modifier]

Corps[modifier]

Le corps est relativement petit, bas, elliptique, à grand axe transversal, les quatre angles en sont arrondis, il va en augmentant de volume à mesure qu'on se rapproche des vertèbres thoraciques. Il est plus petit que dans le reste de la colonne. La face supérieure est concave transversalement (latéro-latéralement) et légèrement convexe sagittalement (antéro-postérieurement), l'inférieure est concave sagittalement et légèrement convexe transversalement. En conséquence, la face supérieure de chaque vertèbre se projette latéralement au niveau du corps de la vertèbre sus-jacente sous la forme d'un processus que l'on nomme l'uncus du corps.

Arc[modifier]

L'arc des vertèbres cervicales naît du corps par une racine latérale et présente une hauteur moyenne. Avec le corps il contribue à entourer le foramen vertébral, très large en ce point et à grand axe transversal. On divise l'arc vertébral en deux segments : un antérieur ou pédicule qui va du corps aux processus articulaires, et un postérieur ou lame qui va des processus articulaires au point d'union avec celui du côté opposé. Le canal vertébral est limité en arrière par les deux lames qui se rejoignent sur la ligne médiane, et en avant par la face postérieure du corps au milieu, par les pédicules de chaque côté.

Processus[modifier]

Les processus articulaires des vertèbres cervicales (à l'exception des deux premières) sont orientées de telle sorte que l'interligne articulaire est oblique en bas et en arrière. Les facettes articulaires ont une direction intermédiaire entre le plan vertical et le plan horizontal. Plus on les regarde sur une vertèbre voisine du crâne, plus elles se rapprochent de l'horizontale, plus elles sont voisines du thorax et plus elles se rapprochent de la direction verticale.

Les processus transverses des vertèbres cervicales sont percés à leur base d'un gros trou arrondi, le foramen transversaire. C'est un caractère particulier aux vertèbres cervicales et qui permet de les distinguer de toutes les autres vertèbres. De plus, vers leur extrémité elles présentent deux petits tubercules, antérieur et postérieur, séparés par un sillon creusé sur la face supérieure du processus transverse, le sillon des nerfs spinaux.

Le processus épineux des vertèbres cervicales est courte, légèrement oblique en bas, leur extrémité est bifide.

Vertèbres C3 à C7[modifier]

De la troisième (C3) à la sixième (C6) vertèbre cervicale, on ne distingue pas de grande variation avec la vertèbre type décrite. La septième vertèbre cervicale (C7) s'en distingue par un processus épineux long, plus fortement oblique en bas, se rapprochant des caractéristiques des vertèbres thoracique. Son processus épineux est le plus saillant de tous, c'est pourquoi on le décrit classiquement comme proéminent. De plus, le tubercule antérieur du processus transverse est fortement atténué, voir manquant.

Atlas (vertèbre C1)[modifier]

La première vertèbre cervicale (C1) possède un nom particulier : l'atlas. Elle présente une série de caractères la différenciant nettement des vertèbres cervicales typiques.

  • Le corps est absent : à sa place on trouve un arc antérieur, symétrique de l'arc postérieur.
  • Le processus épineux est remplacée par un tubercule : le tubercule postérieur de l'atlas, symétrique du tubercule antérieur situé sur la face antérieure de l'arc antérieur.
  • Les processus articulaire sont remplacée par deux cavités ou facettes articulaires.
  • Les deux incisures vertébrales latérales, supérieure et inférieure, manquent également.

On peut donc décrire à l'atlas un arc antérieur, un arc postérieur et deux portions latérales qui réunissent les arcs. Ce sont les masses latérales. L'arc antérieur est moins long, moins résistant, mais plus large que l'arc postérieur. Il présente en avant (côté ventral) un tubercule, le tubercule antérieur. En arrière (côté dorsal, c'est-à-dire du côté du foramen vertébral) une facette articulaire ronde et plate, la fovea dentis, est destinée à l'articulation de l'atlas avec le processus odontoïde de l'axis (C2). On peut donc décrire à l'atlas un arc antérieur, un arc postérieur et deux portions latérales qui réunissent les arcs. Ce sont les masses latérales. L'arc antérieur est moins long, moins résistant, mais plus large que l'arc postérieur. Il présente en avant (côté ventral) un tubercule, le tubercule antérieur. En arrière (côté dorsal, c'est-à-dire du côté du foramen vertébral) une facette articulaire ronde et plate, la fovea dentis, est destinée à l'articulation de l'atlas avec le processus odontoïde de l'axis (C2).

L'arc postérieur de l'atlas se termine en arrière par une courte proéminence : le tubercule postérieur, rudiment de l'apophyse épineuse. Cet arc est le plus étroit des vertèbres cervicales (et de toutes les vertèbres en général) ; au contraire il est plat, large, et porte sur sa face supé- rieure près de la racine de l'arc un sillon, tantôt peu marqué, tantôt profond et large : le sillon de l'artère vertébrale qui loge l'artère du même nom. Il n'est pas rare de le voir transformé en un foramen à parois rugueuses ou en un court canal.

Les masses latérales de l'atlas font, par leur partie interne, saillie dans la lumière du foramen vertébral, de telle sorte que ce foramen est divisé en deux portions : une antérieure plus étroite qui loge le processus odontoïde, et une postérieure plus large ; c'est seulement cette dernière qui représente le trou vertébral proprement dit et qui contient la moelle spinale. Sur la face supérieure des masses latérales se trouvent les facettes articulaires supérieures (cavités glénoïdes) destinées à recevoir les condyles occipitaux. Elles ont la forme d'un haricot, très concaves sagittalement, à peines concaves transversalement,elles présentent une portion rétrécievers le milieu, et parfois sont complètement séparées en deux facettes indépendantes.

Sur la face inférieure des masses latérales se trouvent les facettes articulaires inférieures qui font partie de l'articulation des deux premières vertèbres entre elles, et qui se rapprochent plus que les supérieures du type des autres vertèbres. Leur surface est plane et très légèrement oblique (presque horizontale).

Le processus transverse de l'atlas présente les caractères communs à toutes les vertèbres cervicales, s'en distinguant seulement par un volume plus considérable que celui des vertèbres cervicales sous-jacentes. Elle présente comme les autres, un foramen transversaire, toutefois les sillons des nerfs spinaux et les tubercules sont absents.

Axis (vertèbre C2)[modifier]

La deuxième vertèbre cervicale, appelée axis, est un véritable pivot, autour duquel tournent l'atlas et l'os occipital. C'est, en somme, une vertèbre typique dans laquelle seulement le corps s'est soudé avec le corps de l'atlas pour former un processus : le processus odontoïde de l'axis, qui saille en haut dans la portion antérieure du foramen vertébral de l'atlas. Ce processus odontoïde a une forme arrondie, avec un sommet mousse, et présente une facette articulaire antérieure, destinée à l'articulation avec l'arc antérieur de l'atlas, et une facette articulaire postérieure souvent peu marquée. La facette postérieure sert à l'articulation avec le ligament transverse de l'atlas. En outre, on trouve de chaque côté de la crête oblique qui forme le sommet de la dent, deux empreintes circulaires qui reçoivent l'insertion des ligaments occipitaux odontoïdiens latéraux, donnant au sommet du processus la forme d'une selle. Les facettes articulaires pour l'articulation atloïdo-axoïdienne sont situées sur la face supérieure du corps, à la place des processus articulaires ; leur surface articulaire est légèrement convexe et dirigée presque horizontalement.

Le processus épineux de l'axis est très développée et toujours nettement bifide. Les processus transverses sont, au contraire, beaucoup plus petites que celles de l'atlas, ils ne sont pas bituberculés et ne sont pas creusées par le sillon des nerfs spinaux. Les processus articulaires inférieures sont plus obliques que les supérieures et présentent les caractères communs aux vertèbres cervicales.

Vertèbres thoraciques[modifier]

Du fait du développement indépendant des côtes et de la colonne vertébrale, on ne trouve dans les vertèbres thoraciques aucun rudiment de côte soudée avec la vertèbre, comme dans le reste de la colonne. Aussi sont-ce les vertèbres thoraciques qui se rapprochent le plus du type schématique.

Corps[modifier]

Le corps des vertèbres thoraciques augmente en volume et en hauteur à mesure qu'elles se rapprochent des vertèbres lombales. Les faces sont elliptiques à grand axe transversal dans les vertèbres thoraciques supérieures se rapprochant du type cervical, puis elles deviennent rondes, en forme de cœur dans les vertèbres inférieures pour devenir réniformes au voisinage de la colonne lombale. Les corps des vertèbres thoraciques deviennent donc non seulement plus volumineux, mais surtout plus larges, se rapprochant de plus en plus du type des vertèbres lombales ; leurs surfaces de contact sont presque planes. Le foramen vertébral est plus petit que celui des vertèbres cervicales. Il est presque rond pour les vertèbres thoraciques supérieures tandis qu'il est à peu près triangulaire pour les vertèbres inférieures. Les corps des vertèbres thoraciques portent chacun, sur le bord supérieur et sur le bord inférieur un peu en avant du pédicule, une demi-facette articulaire supérieure et inférieure pour l'articulation de la vertèbre avec la tête de la côte.

Seule la première (T1) et quelquefois les dernières vertèbres thoraciques font exception. La première (T1) possède, une facette articulaire complète plutôt qu'une demi-facette. Les dernières ont chacune une facette articulaire complète située au milieu de la hauteur du corps vertébral.

Les facettes articulaires pour les têtes costales sur deux vertèbres thoraciques consécutives sont placées de sorte que le bord de la vertèbre ne corresponde pas exactement à la moité de la facette. Vers l'extrémité inférieure de la partie thoracique de la colonne vertébrale, la facette empiète, peu à peu, de plus de la moitié, puis des deux tiers de sa surface, sur la vertèbre sous-jacente, si bien qu'au niveau de la onzième vertèbre thoracique (T11), quelquefois même de la douzième (T12), toute la facette est située sur une seule vertèbre. D'ordinaire la dixième vertèbre thoracique n'a pas de facette inférieure.

Arc et processus[modifier]

Les arcs des vertèbres thoraciques sont longs et épais, les processus articulaires sont à peu près dans le plan frontal, à l'exception de celles de la douzième vertèbre thoracique (T12). Ils sont placés de sorte que la surface articulaire presque circulaire et légèrement concave du processus articulaire inférieur regarde en avant, tandis que la surface convexe du processus articulaire supérieur regarde en arrière. Les surfaces forment un cylindre schématique dont les axes viendraient se croiser en avant du corps vertébral. Le processus supérieur est très proéminent tandis que le processus inférieur ne se projette que légèrement.

Les processus transverses des vertèbres thoraciques sont très développés, longs, non transverses mais un peu obliques en arrière, leur extrémité est dilatée en forme de massue. À la face antérieure de leur sommet ils portent une facette articulaire à peu près circulaire, légèrement concave, par laquelle ils s'articulent avec les facettes articulaires des côtes. Cette facette manque au processus transverse de la onzième vertèbre thoracique (T11) ainsi qu'à la douzième (T12). Ce processus présente une forme variable et se compose souvent de plusieurs tubérosités irrégulières

Les processus épineux des vertèbres thoraciques sont longs, obliques en bas et en arrière, présentant trois bords, un bord supérieur et deux latéro-inférieurs, avec deux faces latéro-supérieures et une face inférieure. Les processus épineux des vertèbres thoraciques moyennes s'imbriquent l'un sur l'autre à la manière des tuiles d'un toit. Le processus épineux de la douzième vertèbre thoracique (T12) est semblable aux processus épineux des vertèbres lombales.

Vertèbres lombales[modifier]

Les vertèbres lombales (ou lombaires) sont les plus volumineuses des vertèbres non soudées.

Corps[modifier]

Elles présentent en particulier des corps volumineux, hauts et larges avec une face plane en forme de rein ou de haricot, dont le bord est convexe en avant et concave en arrière. La face antérieure est nettement concave sagittalement (antéro-postérieurement), et convexe transversalement (latéro-latéralement). Il en résulte que les corps des vertèbres lombales sont notablement plus larges au niveau de leurs faces supérieure et inférieure qu'en leur milieu. Le corps des vertèbres lombales inférieures (et particulièrement de la cinquième, L5) est plus haut en avant qu'en arrière.

Arc[modifier]

L'arc des vertèbres lombales est épais et fixé de façon particulièrement haute au corps. Il n'offre aucune autre particularité. Il en résulte un foramen vertébral petit et à peu près triangulaire.

Processus[modifier]

Les processus articulaires sont fortement développés, de sorte qu'aussi bien les processus inférieur que supérieur se projettent nettement. Les surfaces articulaires ont une direction presque sagittale et sont légèrement courbes. La concavité des surfaces supérieures regarde en arrière et en dedans. Les surfaces inférieures répondent aux surfaces supérieures et regardent quant-à-elles en avant et en dehors. Elles représentent les sections d'un large cylindre dont les axes prolongés ne viendraient pas, comme dans les vertèbres thoraciques, se croiser en avant du corps, mais en arrière du processus épineux. Les processus articulaires inférieures sont recouverts latéralement par les processus supérieures de la vertèbre sous-jacente. Le processus articulaire inférieur de la cinquième vertèbre lombale (L5) s'articule avec le processus articulaire supérieur du sacrum.

Le processus transverse des vertèbres lombales est long, dirigée presque verticalement en bas, et aplati d'avant en arrière. Il représente le rudiment des côtes à la partie lombale de la colonne vertébrale et forme ainsi le processus costiforme. Au processus transverse des vertèbres thoraciques correspond une petite tubérosité située à la base du processus transverse des vertèbres lombaires, c'est le tubercule accessoire. Ce processus accessoire est caractéristique des vertèbres lombaires bien que souvent incomplètement développé. En outre on le rencontre très souvent déjà à la douzième vertèbre thoracique (T12). De plus, les vertèbres lombales présentent au niveau du processus articulaire supérieure, une tubérosité plus grosse, de forme ronde, rugueuse : le tubercule mamillaire.

Les processus épineux des vertèbres lombales sont très développées, très hauts et aplatis transversalement. Ils sont dirigés directement en arrière et possèdent un léger épaississement à leur extrémité.